Art de Vivre à l'Orientale

Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 09:44

Le Narguilé, la chicha, le chilam, le ghelyan, la houka sont autant de noms qui désignent une grande pipe à eau utilisée pour fumer du tabac et populaire dans tout l'Orient. Le terme « Narghilé » utilisé dans la plupart des pays européens, dérive du sanscrit narikera, qui est devenu nargil (« noix de coco ») en persan. En effet, les premiers récipients utilisés la pipe à eau auraient été des noix de coco. Le narguilé se compose de plusieurs parties (cf.schéma ci-dessous).

Le foyer contient le tabac mélangé avec de la mélasse et de l'essence de fruits. Il est parfois appelé tabamel. Du charbon est posé par dessus. Le corps du narguilé est rempli d'eau à moitié de sa hauteur, et de l'eau de rose ou d'autres additifs destinés à donner du goût peuvent être ajoutés. La fumée du tabamel passe par l'eau et est filtrée dans celle-ci avant d'atteindre la bouche du fumeur, à travers le tuyau. L'eau doit être changée régulièrement pour en retirer les résidus. Le tabamel utilisé dans les narguilés a l'apparence d'une pâte et il est composé d'environ 30 % de tabac, qui est fermenté avec environ 70 % de mélasse, de miel et de pulpe de différents fruits, afin de donner à la fumée une saveur fruitée. On trouve toute sorte de parfums : de la pomme à la cerise, de la menthe aux multifruits, et même le capuccino ou le coca-cola.

On ne connait pas précisemment l'origine de cet objet. Les plus anciens narguilés ont été découverts en Ethiopie et datent du 14ème siècle. Cependant les spécialistes semblent s'accorder sur le fait que l'émergence à grande échelle de l'utilisation du narguilé dans la société orientale est simultanée à l'apparition des cafés publics et à l'arrivée du tabac au Moyen-Orient. Les Portuguais ont en effet introduit le tabac en Iran au début du 16ème siècle. C'est au cours de la dynastie des Safavides que son usage s'est fortement développé dans le pays, à tel point que la société persane toute entière l'utilisait à la fin du règne du Shah Abbas 1er. Il s'est ensuite étendu, à travers l'Empire Ottoman, dans tout l'Orient.

Le narguilé est devenu populaire en Europe et aux Etats-Unis au début des années 1980, grâce au tourisme et à des émigrants venant de pays orientaux. Mais ne vous laissez pas avoir par son goût fruité, le naguilé est plus dangeureux que la cigarette car la quantité inhalée est plus grande. En effet, on peut fumer le narguilé pendant près d'une heure, tandis qu'une cigarette ne dure que quelques minutes. En outre, la fumée de la combustion du charbon utilisé contient également du monoxyde de carbone, des métaux et des substances cancérigènes.

Quoi qu'il en soit, dans tout l'Orient, le narguilé est une source de plaisir, de détente, et favorise la convivialité. Réunissant autour de lui jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, dans le cadre festif ou familial, il a la particularité d'être aussi très décoratif et a une place privilégiée au sein des demeures orientales. A la recherche du plaisir, ou de traditions ancestrales, fumer le narguilé est une invitation au voyage.

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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 10:14

L'huile d'argan est extrait de l'Arganier, un arbre qui pousse à l'état sauvage dans le sud-ouest marocain, mahleureusement en voie de disparition, alors qu'il consistitue une barrière essentielle contre l'avancée du desert et la nourriture princpale des chèvres de la région. De ses fruits sont extraits cette huile aux merve illeuses vertus.

 

Très riche en acides gras essentiels, oméga 6 et en vitamine E, l'huile d'argan est réputée pour ses propriétés hydratantes, revitalisantes et anti-rides.

L'huile cosmetique est ainsi idéale pour lutter contre le desséchement de la peau. Elle adoucit l'épiderme et prévient le veillissement cutané dû aux conditions climatiques extrêmes (soleil, vent, froid...). Elle est également parfaite pour régénérer et nourrir les cheveux secs et dévitalisés ainsi que pour fortifier les ongles.

L'huile culinaire est également utilisée pour parfumer un plat ou une salade, grâce son léger gout de noisette grillée. La recette la plus simple des marocains : ils trempent des morceaux de pain directement dans l'huile, au petit déjeuner. 

Une consommation régluière permet de réduire le taux de chostérol, de stimuler les cellules cérébrales et le fonctionnement du foie et de réduire l'hypertension.

Comment est-elle fabriquée ? Entre juin et août, les paysans marocains récoltent les fruits mûrs et tombés à terre. Ces fruits sont mis à sécher
plusieurs semaines au soleil, puis les femmes se chargent, entre deux pierres, d'enlever la pulpe de fruit et de casser la noix contenue à l'intérieur pour en extraire de précieux amandons oléagineux.

Ces amandons sont mis à chauffer quelques minutes dans des plats de terre cuite. A la suite de cette légère torréfaction, ils sont ensuite broyés à la meule de pierre. On obtient à cet instant une pâte qui va elle aussi nécessiter un long travail manuel. Les femmes triturent pendant plusieurs heures d'affilée cette pâte dans de grands plats creux. A deux ou trois instants précis, elles y ajoutent de petites quantités d'eau tiède. Ce n'est qu'au bout de ce long travail de malaxage qu'elles finissent par rendre ce mélange totalement sec pour en extraire jusqu'à la dernière goutte, l'huile d'argan.

L'extraction d'un seul litre de l'huile d'argan nécessite 100 kg de fruits frais et 12 heures de travail. Ce long processus de fabrication entraîne un prix assez élevé, entre 50 et 100 euros le litre. Ce n'est pas à le portée de tout le monde mais cela permet de contribuer au maintien d'une agriculture biologique au Maroc, et au travail des femmes.



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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 08:05
 

Le Salep (en turc) ou Salhab (en arabe) est une boisson chaude très prisée des orientaux, en particulier l’hiver, pour ses vertus revigorantes, voire même, selon certains, aphrodisiaques.

Elle est élaborée à partir de bulbes d’orchidées sauvages séchés et réduits en poudre. La forme de ces bulbes a inspiré son nom original خصّى الثعلب qui signifie “testicule de renard”.

Avant que le café et le thé ne prennent une place privilégiée dans les foyers anglais et allemands, c’était le salep qui était à l’honneur, jusqu’au 18ème siècle. 

Pour obtenir cette délicieuse boisson, il faut dépouiller les bulbes de leur enveloppe, les jeter dans l'eau froide, et les en retirer au bout de quelques heures pour les faire cuire. Ensuite, il faut les enfiler sur une cordelette et les faire sécher au soleil tout l’été. Dès que l’hiver arrive, on les réduit en poudre au pilon.

Enfin, on mélange la poudre de salep avec du lait, du miel ou du sucre et une pincée de gingembre en poudre. On verse le lait et on fait mousser tout le breuvage à très basse pression pour le réchauffer, l'épaissir et le mélanger à la fois. On saupoudre le tout d'un brin de cannelle pour le goût et la couleur.

La popularité du salep en Turquie a entrainé la destruction de milliers d’orchidées sauvages. Aujourd’hui, un grand nombre de sachets « prêts à mélanger » que l'on trouve dans le commerce sont élaborés à partir de parfums artificiels et coupés avec de la fécule. 

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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 17:23

Existant depuis l'Antiquité, le Savon d'Alep s'est répandu, grâce aux Croisés, à travers tout le bassin méditerranéen. Le savon de Marseille est d'ailleurs l'héritier direct du Savon d'Alep.


Il est fabriqué exclusivement à partir d'ingrédients naturels. L'huile d'olive et l'huile de baies de laurier en sont les principaux ingrédients. Elles ajoutent des vertus hydratantes et apaisantes à ce savon « surgras ». Il peut s'utiliser sur toutes les parties du corps. Il peut également servir de détachant, sur les tissus, ou d'anti-mites, dans les placards.

Le savon d'Alep est fabriqué selon un procédé artisanal qui demeure à l'identique depuis sa création. Cette tradition séculaire continue de se perpétuer, de père en fils, chez les maîtres savonniers d'Alep.

Chaque année, en novembre, quand les huiles d'olives viennent d'être extraites, le même rituel se répète dans le vieux souk d'Alep. L'huile d'olive est cuite, avec l'eau et la soude, très lentement, dans un grand chaudron en pierre. En fin de cuisson, quand la pâte est prête, il est ajouté l'huile de baies de laurier afin de l'enrichir et de la parfumer. Au terme de la cuisson la pâte est étalée et découpée manuellement.

Les savons, de couleur verte, sont échafaudés en tours pour une très longue période de maturation au grand air. Le savon durcit durant 9 mois. La durée du séchage est garante de sa qualité. En durcissant, il prend une couleur brune, seul le cœur reste vert.

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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 17:02


L'histoire du hamman, appelé aussi « bain maure » ou « bain turc », est ancienne puisqu'elle remonte à l'époque gréco-romaine, notamment lorsque l'Empire Romain s'étendait jusqu'à l'Orient. En effet, l'architecture des bains grecs et des balnea romains inspirèrent l'architecture et le concept de ces bains de vapeur.

Cependant, ils ne devinrent l'un des éléments essentiels de la ville arabo-musulmane qu'après l'avènement de l'Islam, au 7ème siècle. Les préceptes islamiques recommandent, en effet, une hygiène minutieuse. De plus, la pratique des ablutions rituelles, effectuées avant les cinq prières quotidiennes est grandement facilitée par la présence d'un hammam à proximité de la mosquée. La pratique du hammam a donc suivi l'expansion de l'Islam, comme en témoignent les nombreux hammams toujours présents en Iran, en Turquie, et à travers l'Afrique du Nord, depuis l'Égypte jusqu'au Maroc.

Ces bains remplissent encore cette fonction de « salle de bain » dans les lieux les plus populaires, où les gens ne disposent pas forcément de l'eau courante ou d'une douche.


Un hammam se compose généralement de trois pièces, plus ou moins chaudes. La tradition, qui permet de se laver en profondeur, exige de rester un moment dans la pièce la plus chaude, afin d'ouvrir les pores de la peau, de transpirer et d'évacuer les toxines. Ensuite, on se lave dans la pièce à chaleur intermédiaire. Pour cela, il faut se savonner, soit au savon d'Alep, au Proche-Orient, soit au savon noir, au Maghreb, et se frotter la peau énergiquement avec un gant spécial appelé « kessa », qui permet d'éliminer les peaux mortes. On peut être soutenu dans ce gommage par un(e) employé(e) du hammam afin qu'il soit bien efficace. On obtient ainsi une peau douce, débarrassée de ses impuretés.


Le hammam remplit une autre fonction, qui tend toutefois à disparaître : celle d'un lieu de rencontre et de sociabilité. Ce sont dans ses murs que tous les habitants d'une même ville pouvaient se retrouver : riches et pauvres, jeunes et vieux...

Les jeunes filles en profitaient pour faire admirer leurs serviettes brodées tandis que les femmes plus âgées choisissaient des épouses potentielles pour leurs fils. Il existait d'ailleurs un ensemble de codes pour connaître la situation familiale d'une femme (célibataire, mariée, veuve ou divorcée) selon la couleur des serviettes qu'elles utilisaient. Les hommes, quant à eux, évoquaient leurs affaires privées ou politiques. Aujourd'hui encore, les hommes et les femmes se baignent séparément, sauf dans les lieux les plus touristiques et modernes.


Le hammam possède un dernier atout, essentiel de nos jours. C'est en effet un lieu majeur de détente pour les citadins, qui y passent après le travail pour se ressourcer et prendre soin d'eux, loin de l'agitation urbaine. Dans les hammams, on peut en effet se laver, bavarder, se reposer mais on peut également se faire masser, se faire raser pour les hommes ou épiler pour les femmes, boire un thé, lire la presse... C'est généralement la pièce la moins chaude qui permet de se reposer avant de reprendre ses occupations quotidiennes.


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  • Mes voyages autour de la Méditerranée, mes lectures et mes rencontres ont renforcé ma passion pour le monde oriental et ont fait grandir en moi l'envie de la partager.

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