Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 16:13
Né à Paris en 1953, Julien Weiss se forme à la guitare classique. Au début des années 70, comme beaucoup d’adolescents, il remet en question les valeurs de la culture occidentale et se laisse happer par la fièvre de la route. Ses voyages le mènent en Californie, au Maroc, puis aux Antilles...
En 1976 à Paris, lors d’une soirée chez le futur ministre de la culture égyptienne, Farouk Hosni, l’écoute d’un disque du musicien irakien, Mounir Bachir, grand maître du Oud, le bouleverse au point qu’il abandonne la guitare classique pour se lancer corps et âmes dans l’étude des lois raffinées régissant la musique orientale.
"Son jeu sophistiqué, la couleur de son attaque de la corde, le timbre incomparable du Oud, le raffinement, la précision et la beauté des intonations, le côté méditatif des longs silences, tout cela m’a immédiatement attiré. Mais il jouait du luth et j’ai choisi d’emblée le qânoun (source)".  Le qanûn est une cithare trapézoïdale à cordes pincées munie de résonateurs en peaux de poissons (photo ci-contre).

Dès lors, il parcourt l’Orient et, de Tunis à Beyrouth, de Bagdad au Caire, d’Istanbul à Damas, il suit l’enseignement de grands maîtres. C’est ainsi qu’il devient le disciple, puis l’ami, de Mounir Bachir.
Par son acharnement, Julien Weiss devient un virtuose du qânun . C’est aussi un expert de la musique arabe classique. Il étudie en profondeur les traités musicaux des Grecs antiques comme ceux d’Aristoxène de Tarante et des Arabo-Persans comme Al-Kindî, Avicenne, ainsi que les théoriciens turcs, byzantins et même occidentaux, puis se livre à une étude comparative avec la pratique empirique des musiciens et chanteurs de l’Orient moderne.

En 1983, il fonde l’ensemble instrumental Al-Kindî, dont le nom fait référence au philosophe, mathématicien et astronome irakien du IXe siècle, Abu Yusuf Al-Kindî, père de la théorie scientifique de la musique arabo-musulmane.
Avec son groupe, il va explorer  la liturgie soufie de différentes confréries orientales et collaborer avec des grands chanteurs arabes.

Poussant toujours plus loin son immersion dans la culture orientale, Julien Weiss fait l’acquisition, en 1995, d'un palais Mamelouk du 14ème siècle, niché au cœur de la vieille ville syrienne d’Alep, à proximité de ses souks millénaires et de leurs senteurs orientales. Dans ce lieu magique et stimulant, quand les prestigieuses tournées internationales et les enregistrements discographiques lui en laissent le temps, il travaille à la préparation de nouveaux répertoires, à la découverte de voix et de traditions méconnues, à l’observation des nombreuses confréries mystiques qui l’environnent et se passionne pour l’art architectural et décoratif islamique. Depuis 2005, il s'est installé à Istanbul.

Source : http://www.alkindi.org/francais/artistes/artistes_julien.htm



Dans cette vidéo, on le voit jouer du qânun, assis, avec une toque noire.

Publié dans : Arts d'Orient
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