Mardi 17 février 2009
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Nasreddine Hodja est un personnage mythique du folklore traditionnel oriental.
Chaque peuple se l'est approprié et affirme qu'il a vécu parmi eux : dans les Balkans, dans les pays du Caucase, au Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, en Iran ou au
Pakistan. On lui donne le titre de Hodja, qui signifie "maître".
Nasreddine n'est pas un idiot mais il possède un esprit farfelu qui pousse la logique dans ses derniers retranchements, jusqu'à l'absurde. On dit de lui qu’il est « tellement intelligent qu’il devient bête, ou il est si bête qu’il finit par dire des choses
intelligentes » .
Il est apprécié du peuple car il prend toujours sa défense, révolté par l'injustice sociale, et joue toutes sortes de
mauvais tours aux seigneurs et aux riches.
Ses aventures prennent la forme de récits très courts, toujours amusants, qui cachent le plus souvent sous leur apparente naïveté un grand fond de sagesse. Ils ne sont pas exempts de cruauté
parfois, de cynisme et de lucidité toujours.
Quelques exemples d'histoires :
Un jour ses amis ont demandé à Nasreddine Hodja :
- Tu es un homme sage, Nasreddine Effendi. Peux-tu nous dire ce que tu considères comme le plus précieux au monde ?
- Je considère le conseil, comme étant sans prix, dit Nasreddine Hodja.
Ses amis lui ont ensuite demandé :
- Et que considères-tu pour être sans valeur ?
- Je dirai que le conseil est la chose qui a le moins de valeur au monde.
- Eh bien, Nasreddine Effendi ! Objecta son auditoire. Comment une chose peut-elle être à la fois sans valeur et la plus précieuse ? Tu dois faire une erreur !
- Non, mes amis. Je sais de quoi je parle. Un conseil pris peut être précieux, mais il devient sans valeur quand il n'est pas le bienvenu !
Un jour, Nasreddine Hodja décida de voyager pour parfaire son savoir. Quand un jeune homme lui demanda quels gens il allait chercher à rencontrer, il dit, se rappelant quelques sages paroles
entendues au marché :
- Celui qui ne sait pas et ne sait pas qu'il ne sait pas, il est stupide. Il faut l'éviter.
- Celui qui ne sait pas et sait qu'il ne sait pas, c'est un enfant. Il faut lui apprendre.
- Celui qui sait et ne sait pas qu'il sait, il est endormi. Il faut le réveiller.
- Celui qui sait et sait qu'il sait, c'est un sage. Il faut le suivre.
Nasreddine
Hodja a fait une pause et a continué :
- Mais, vous savez combien il est difficile, mon fils, d'être certain que celui qui sait et sait qu'il sait, sait vraiment.
Nasreddine Hodja est allé au marché pour y vendre des ânes. Les prix qu'il proposait
étaient si peu élevés qu'aucun des autres marchands d'ânes ne pouvait le concurrencer.
Un jour, l'un d'eux vint le voir :
- Nasreddine Hodja, comment fais-tu pour proposer des prix imbattables, pour des ânes magnifiques et bien entretenus ? Moi, je vole le fourrage, je paie mal mes garçons d'écurie et pourtant je n'arrive pas à
vendre moins cher que toi ! Quel est ton secret ?
- Mon secret, lui confia Nasreddine
Hodja, je vais te le dire, tout à fait entre nous : les ânes, je
les vole.
Nasreddine Hodja
fit l'acquisition d'un étal de marchand ambulant et se mit à parcourir les rues du village, en criant :
- Qui veut mes belles tomates rouges ! Qui veut mes belles salades ! Qui veut mon persil frais !
Le premier client qui se présente découvre que, dans le panier de Nasreddine
Hodja, il n'y avait aucun légume mais de la viande de chèvre, uniquement de la viande.
- Que se passe t-il, Nasreddine Hodja ? Tu ne vendras rien si tu ne dis pas réellement ce que tu vends.
- Je sais ! Je sais ! Rétorqua Nasreddine Hodja. Mais si je crie "qui veut ma belle viande de chèvre", j'aurai tous
les chats et tous les chiens errants du village à mes trousses.
Un jour, un ami de Nasredine Hodja essaya de le persuader que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt. Et pour le convaincre,
il lui raconta comment, le matin même, il avait trouvé une pièce d'or sur la route.
- Tu vois, lui dit-il, si je n'avais pas été celui qui s'était levé le plus tôt, c'est quelqu'un d'autre qui aurait profité de l'aubaine !
- Mais enfin, répondit Nasreddine, ne comprends-tu pas que cette pièce a été perdue par quelqu'un qui s'est levé encore plus tôt que toi ?
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