Veuillez m'en excuser.
Le foyer contient le tabac mélangé avec de la mélasse et de l'essence de fruits. Il est
parfois appelé tabamel. Du charbon est posé par dessus. Le corps du narguilé est rempli d'eau à moitié de sa hauteur, et de l'eau de rose ou d'autres additifs destinés à donner du goût
peuvent être ajoutés. La fumée du tabamel passe par l'eau et est filtrée dans celle-ci avant d'atteindre la bouche du fumeur, à travers le tuyau. L'eau doit être changée régulièrement pour en
retirer les résidus. Le tabamel utilisé dans les narguilés a l'apparence d'une pâte et il est composé d'environ 30 % de tabac, qui est fermenté avec environ 70 % de mélasse, de miel et
de pulpe de différents fruits, afin de donner à la fumée une saveur fruitée. On trouve toute sorte de parfums : de la pomme à la cerise, de la menthe aux multifruits, et même le capuccino ou le
coca-cola.
Depuis que la crise économique a envahi l'économie mondiale, les spécialistes se penchent sur des systèmes alternatifs au capitalisme et au libéralisme démesurés. Et c'est tout
naturellement qu'ils se tournent vers la finance islamique.
Si ce modèle financier, qui puise ses sources dans le Coran et dans la Sounnah (la tradition prophétique) est ancien (7ème siècle après JC), il a pourtant su s'adapter au monde actuel dès les années 1970 et connaît un grand dynamisme dans les Pays du Golfe et en Grande-Bretagne. La France a récemment réalisé son retard en la matière et la finance islamique est en train de devenir très à la mode. Des formations spécialisées ont été créées et les banques commencent à réfléchir à la façon dont elles vont pouvoir introduire des produits bancaires islamiques à côté des produits classiques.
Sur quels principes reposent la finance islamique ?
- La finance islamique se fonde principalement sur l'interdiction du riba, terme signifiant à la fois usure et intérêt. L'argent ne doit par produire de l'argent, seul le travail doit avoir de la valeur et permettre l'enrichissement.
- Le second principe est l'interdiction de la spéculation (ou gharâr) .
- Le troisième principe interdit de tirer des bénéfices d’activités illicites en Islam : les jeux de hasard, la vente ou consommation d’alcool, de tabac, la production ou la vente d'armes, la débauche...
- Un autre principe impose la responsabilité sociale de l'investissement et le partage du risque : il faut que les bénéfices soient équitablement partagés entre tous ceux qui y contribuent, ainsi que les pertes, le cas échéant.
- Enfin, il faut que toute transaction repose sur un actif financier clairement identifiable et réel.
Pour les curieux, je vous propose un reportage réalisé sur ce sujet, pour le JT de Arte du 20 février dernier.
Et un autre réalisé par la chaîne d'information France 24 ici.
illeuses vertus.
Très riche en acides gras essentiels, oméga 6 et en vitamine E, l'huile d'argan est réputée pour ses propriétés hydratantes, revitalisantes et anti-rides.
L'huile cosmetique est ainsi idéale pour lutter contre le desséchement de la peau. Elle adoucit l'épiderme et prévient le veillissement cutané dû aux conditions climatiques extrêmes (soleil, vent, froid...). Elle est également parfaite pour régénérer et nourrir les cheveux secs et dévitalisés ainsi que pour fortifier les ongles.
L'huile culinaire est également utilisée pour parfumer un plat ou une salade, grâce son léger gout de noisette grillée. La recette la plus simple des marocains : ils trempent des morceaux de pain directement dans l'huile, au petit déjeuner.
Une consommation régluière permet de réduire le taux de chostérol, de stimuler les
cellules cérébrales et le fonctionnement du foie et de réduire l'hypertension.
Comment est-elle fabriquée ? Entre juin et août, les paysans marocains récoltent les fruits mûrs et tombés à terre. Ces fruits sont mis à sécher
plusieurs semaines au soleil, puis les femmes se chargent, entre deux pierres, d'enlever la pulpe
de fruit et de casser la noix contenue à l'intérieur pour en extraire de précieux amandons oléagineux.
Ces amandons sont mis à chauffer quelques minutes dans des plats de terre cuite. A la suite de cette légère torréfaction, ils sont ensuite broyés à la meule de pierre. On obtient à cet instant une pâte qui va elle aussi nécessiter un long travail manuel. Les femmes triturent pendant plusieurs heures d'affilée cette pâte dans de grands plats creux. A deux ou trois instants précis, elles y ajoutent de petites quantités d'eau tiède. Ce n'est qu'au bout de ce long travail de malaxage qu'elles finissent par rendre ce mélange totalement sec pour en extraire jusqu'à la dernière goutte, l'huile d'argan.
L'extraction d'un seul litre de l'huile d'argan nécessite 100 kg de fruits frais et 12 heures de travail. Ce long processus de fabrication entraîne un prix assez élevé, entre 50 et 100 euros le litre. Ce n'est pas à le portée de tout le monde mais cela permet de contribuer au maintien d'une agriculture biologique au Maroc, et au travail des femmes.
En septembre dernier était inaugurée à Lyon, une place au nom d'Abd el Kader, personnalité algérienne du 19ème siècle. La ville de Paris avait déjà eu cette initiative en
2006. C'est une manière privilégiée pour la France d'honorer la mémoire de ce grand homme : à la fois responsable politique, chef militaire, philosophe et théologien...
Abd el Kader naquit en 1808, au nord ouest de l’Alégrie. Son père était le chef d’une éminente tariqa soufie et était très respecté par tous les habitants de la région.
Une éducation stricte et de nombreux voyages permirent à Abd el Kader de s’initier à la fois à la politique et aux techniques militaires.
Les français débutèrent leur conquête de l’Algérie. En 1830, ils prirent Alger et un important mouvement de résistance se construisit autour d’Abd el Kader et de sa famille. En 1832, il fut nommé Sultan de l’ouest algérien.
Après une lutte acharnée, Abd el Kader finit par se rendre aux français, en 1847. Néanmoins, il avait les grandement impressionné par sa bravoure, son humilité (il affirmait qu’il n’était pas
guidé par une ambition personnelle mais il se soumettait simplement à la volonté de Dieu) et la façon dont il traitait les prisonniers. Il veillait à ce qu’ils ne manquent de rien et interdisait
à ses hommes d’essayer de les convertir. Au contraire, il leur demandait de les respecter, ce qui implique également le respect de leurs croyances.
Lors de sa rémission, les généraux français étaient prêts à lui offrir sa liberté mais l’opinion publique ne l’entendait pas ainsi. De plus, Abd el Kader avait émit le vœu de s’exiler de l’Algérie qu’il n’avait pas su protéger. Il fut alors conduit en France avec l’ensemble de sa famille, de ses proches et de son personnel (97 personnes). On mit à sa disposition le château de Pau, puis celui d’Amboise.
Beaucoup de personnes vinrent lui rendre visite. Très vite, l'image du chef de guerre exotique cèda le pas à
celle d'un hôte honoré et respecté qui se plaisait à échanger avec les chrétiens sur leur vision de la religion et sur la culture française. Les français le retiendront pourtant en résidence
forcée durant cinq années.
C’est finalement Napoléon III qui, en 1852, lui annoncera qu’il est désormais libre. Il quittera alors la France pour Bursa (en Turquie) puis s’installera définitivement à Damas.
En Syrie, il joue un rôle politique, social et religieux important. Il enseigne la théologie à la grande Mosquée des Omeyades, est élu au Conseil municipal de Damas… Mais il continue de mener une vie ascétique.
En 1860, les druzes du Liban massacrent des chrétiens. Abd el Kader avertit alors les français et les ottomans contre les risques de propagation.
En effet, à Damas, la tension monte entre musulmans et chrétiens. Abd el Kader propose de punir les musulmans qui s’en prennent aux chrétiens car cette violence va à l’encontre des préceptes islamiques. Mais la violence s’en trouve accrue. Il prend alors le partie de protéger les chrétiens de la ville en les accueillant chez lui ou dans la citadelle qu’il fait garder. En dépit des 8.000 morts chrétiens, on estime qu’Abd el Kader sauva la vie à 11.000 d’entre eux.
Il recevra la légion d’honneur de la part de la France et les félicitions du Pape.
Pour Abd el Kader, tous les hommes quelle que soit leur religion appartiennent à la famille de Dieu et il faut les protéger. Il reconnaissait que « Nul en L’adore sous tous ses aspects et nul ne L’ignore sous tous ses aspects ». Il a œuvré pour qu’Orient et Occident se comprennent mieux et se respectent. Il a laissé un ouvrage d'une profondeur rare sur son propre cheminement intérieur : le livre des Haltes.
Il consacra le reste de sa vie à des œuvres de bienfaisances, à l'étude des textes scientifiques et sacrés et à la méditation, jusqu'à sa mort. Il respecta toujours la parole qu'il avait donné de ne pas revenir en Algérie.
Les algériens continuent pourtant de le respecter et le considèrent même comme le père de la Nation, le héros qui ne s'est rendu que pour préserver le peuple d'un combat inégal et perdu d'avance.
Léon Roche, son secrétaire particulier dressa de lui ce portrait :
« Je crus rêver quand je vis fixés sur moi ses beaux yeux bleus, bordés de longs cils noirs, brillant de cette humidité qui donne en même temps au regard tant d'éclat et de douceur […].
Le Salep (en turc) ou Salhab (en arabe) est une boisson chaude très prisée des orientaux, en particulier l’hiver, pour ses vertus revigorantes, voire même, selon certains, aphrodisiaques.
Elle est élaborée à partir de bulbes d’orchidées sauvages séchés et réduits en poudre. La forme de ces
bulbes a inspiré son nom original خصّى الثعلب qui signifie “testicule de renard”.
Avant que le café et le thé ne prennent une place privilégiée dans les foyers anglais et allemands, c’était le salep qui était à l’honneur, jusqu’au 18ème siècle.
Pour obtenir cette délicieuse boisson, il faut dépouiller les bulbes de leur enveloppe, les jeter dans l'eau froide, et les en retirer au bout de quelques heures pour les faire cuire. Ensuite, il faut les enfiler sur une cordelette et les faire sécher au soleil tout l’été. Dès que l’hiver arrive, on les réduit en poudre au pilon.
Enfin, on mélange la poudre de salep avec du lait, du miel ou du sucre et une pincée de gingembre en poudre. On verse le lait et on fait mousser tout le breuvage à très basse pression pour le réchauffer, l'épaissir et le mélanger à la fois. On saupoudre le tout d'un brin de cannelle pour le goût et la couleur.
La popularité du salep en Turquie a entrainé la destruction de milliers d’orchidées sauvages. Aujourd’hui, un grand nombre de sachets « prêts à mélanger » que l'on trouve dans le commerce sont élaborés à partir de parfums artificiels et coupés avec de la fécule.
Le savon d'Alep est fabriqué selon un procédé artisanal qui demeure à l'identique depuis sa création. Cette tradition séculaire continue de se perpétuer, de père en fils, chez les maîtres savonniers d'Alep.
Chaque année, en novembre, quand les huiles d'olives viennent d'être extraites, le même rituel se répète dans le vieux souk d'Alep. L'huile d'olive est cuite, avec l'eau et la soude, très lentement, dans un grand chaudron en pierre. En fin de cuisson, quand la pâte est prête, il est ajouté l'huile de baies de laurier afin de l'enrichir et de la parfumer. Au terme de la cuisson la pâte est étalée et découpée manuellement.
Les savons, de couleur verte, sont échafaudés en tours pour une très longue période de maturation au grand air. Le savon durcit durant 9 mois. La durée du séchage est garante de sa qualité. En durcissant, il prend une couleur brune, seul le cœur reste vert.
L'histoire du hamman, appelé aussi « bain maure » ou « bain turc », est ancienne puisqu'elle remonte à l'époque gréco-romaine, notamment lorsque l'Empire Romain s'étendait jusqu'à l'Orient. En effet, l'architecture des bains grecs et des balnea romains inspirèrent l'architecture et le concept de ces bains de vapeur.
Cependant, ils ne devinrent l'un des éléments essentiels de la ville arabo-musulmane qu'après
l'avènement de l'Islam, au 7ème siècle. Les préceptes islamiques recommandent, en effet, une hygiène minutieuse. De plus, la pratique des ablutions rituelles, effectuées avant les cinq prières
quotidiennes est grandement facilitée par la présence d'un hammam à proximité de la mosquée. La pratique du hammam a donc suivi l'expansion de l'Islam, comme en témoignent les nombreux hammams
toujours présents en Iran, en Turquie, et à travers l'Afrique du Nord, depuis l'Égypte jusqu'au Maroc.
Ces bains remplissent encore cette fonction de « salle de bain » dans les lieux les plus populaires, où les gens ne disposent pas forcément de l'eau courante ou d'une douche.
Un hammam se compose généralement de trois pièces, plus ou moins chaudes. La tradition, qui permet de se laver en profondeur, exige de rester un moment dans la pièce la plus chaude, afin d'ouvrir les pores de la peau, de transpirer et d'évacuer les toxines. Ensuite, on se lave dans la pièce à chaleur intermédiaire. Pour cela, il faut se savonner, soit au savon d'Alep, au Proche-Orient, soit au savon noir, au Maghreb, et se frotter la peau énergiquement avec un gant spécial appelé « kessa », qui permet d'éliminer les peaux mortes. On peut être soutenu dans ce gommage par un(e) employé(e) du hammam afin qu'il soit bien efficace. On obtient ainsi une peau douce, débarrassée de ses impuretés.
Le hammam remplit une autre fonction, qui tend toutefois à disparaître : celle d'un lieu de rencontre et de sociabilité. Ce sont dans ses murs que tous les habitants d'une même ville pouvaient se retrouver : riches et pauvres, jeunes et vieux...
Les jeunes filles en profitaient pour faire admirer leurs serviettes brodées tandis que les femmes plus âgées
choisissaient des épouses potentielles pour leurs fils. Il existait d'ailleurs un ensemble de codes pour connaître la situation familiale d'une femme (célibataire, mariée, veuve ou divorcée)
selon la couleur des serviettes qu'elles utilisaient. Les hommes, quant à eux, évoquaient leurs affaires privées ou politiques. Aujourd'hui encore, les hommes et les femmes se baignent
séparément, sauf dans les lieux les plus touristiques et modernes.
Le hammam possède un dernier atout, essentiel de nos jours. C'est en effet un lieu majeur de détente pour les citadins,
qui y passent après le travail pour se ressourcer et prendre soin d'eux, loin de l'agitation urbaine. Dans les hammams, on peut en effet se laver, bavarder, se reposer mais on peut également se
faire masser, se faire raser pour les hommes ou épiler pour les femmes, boire un thé, lire la presse... C'est généralement la pièce la moins chaude qui permet de se reposer avant de reprendre ses
occupations quotidiennes.
La Beit al
Hikam, ou Maison de la Sagesse, fut fondée à Baghdad par le calife abasside Al-Maamoun, qui régna sur l'Empire musulman de 813 à 833. Elle fût le support de sa grande ambition
intellectuelle.
Né à Paris en 1953, Julien Weiss se forme à la guitare classique. Au début des années 70, comme beaucoup d’adolescents, il remet en question les valeurs de la
culture occidentale et se laisse happer par la fièvre de la route. Ses voyages le mènent en Californie, au Maroc, puis aux Antilles...
"Kaboul est devenue l'antichambre de l'au-delà. Une antichambre obscure où les repères sont
falsifiés, un calvaire pudibond; une insoutenable latence observée dans la plus stricte intimité."
Je vous propose aujourd'hui de découvrir un documentaire sur l'Âge d'Or de la civilisation
musulmane.
Nasreddine Hodja est un personnage mythique du folklore traditionnel oriental.
Chaque peuple se l'est approprié et affirme qu'il a vécu parmi eux : dans les Balkans, dans les pays du Caucase, au Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, en Iran ou au
Pakistan. On lui donne le titre de Hodja, qui signifie "maître".