Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 10:54
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 09:44

Le Narguilé, la chicha, le chilam, le ghelyan, la houka sont autant de noms qui désignent une grande pipe à eau utilisée pour fumer du tabac et populaire dans tout l'Orient. Le terme « Narghilé » utilisé dans la plupart des pays européens, dérive du sanscrit narikera, qui est devenu nargil (« noix de coco ») en persan. En effet, les premiers récipients utilisés la pipe à eau auraient été des noix de coco. Le narguilé se compose de plusieurs parties (cf.schéma ci-dessous).

Le foyer contient le tabac mélangé avec de la mélasse et de l'essence de fruits. Il est parfois appelé tabamel. Du charbon est posé par dessus. Le corps du narguilé est rempli d'eau à moitié de sa hauteur, et de l'eau de rose ou d'autres additifs destinés à donner du goût peuvent être ajoutés. La fumée du tabamel passe par l'eau et est filtrée dans celle-ci avant d'atteindre la bouche du fumeur, à travers le tuyau. L'eau doit être changée régulièrement pour en retirer les résidus. Le tabamel utilisé dans les narguilés a l'apparence d'une pâte et il est composé d'environ 30 % de tabac, qui est fermenté avec environ 70 % de mélasse, de miel et de pulpe de différents fruits, afin de donner à la fumée une saveur fruitée. On trouve toute sorte de parfums : de la pomme à la cerise, de la menthe aux multifruits, et même le capuccino ou le coca-cola.

On ne connait pas précisemment l'origine de cet objet. Les plus anciens narguilés ont été découverts en Ethiopie et datent du 14ème siècle. Cependant les spécialistes semblent s'accorder sur le fait que l'émergence à grande échelle de l'utilisation du narguilé dans la société orientale est simultanée à l'apparition des cafés publics et à l'arrivée du tabac au Moyen-Orient. Les Portuguais ont en effet introduit le tabac en Iran au début du 16ème siècle. C'est au cours de la dynastie des Safavides que son usage s'est fortement développé dans le pays, à tel point que la société persane toute entière l'utilisait à la fin du règne du Shah Abbas 1er. Il s'est ensuite étendu, à travers l'Empire Ottoman, dans tout l'Orient.

Le narguilé est devenu populaire en Europe et aux Etats-Unis au début des années 1980, grâce au tourisme et à des émigrants venant de pays orientaux. Mais ne vous laissez pas avoir par son goût fruité, le naguilé est plus dangeureux que la cigarette car la quantité inhalée est plus grande. En effet, on peut fumer le narguilé pendant près d'une heure, tandis qu'une cigarette ne dure que quelques minutes. En outre, la fumée de la combustion du charbon utilisé contient également du monoxyde de carbone, des métaux et des substances cancérigènes.

Quoi qu'il en soit, dans tout l'Orient, le narguilé est une source de plaisir, de détente, et favorise la convivialité. Réunissant autour de lui jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, dans le cadre festif ou familial, il a la particularité d'être aussi très décoratif et a une place privilégiée au sein des demeures orientales. A la recherche du plaisir, ou de traditions ancestrales, fumer le narguilé est une invitation au voyage.

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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /Mars /2009 18:21
Cette immense mosquée, achevée en 715, constitue le 4ème lieu saint de l'Islam, après les grandes mosquées de La Mecque, Médine et Jérusalem.

La dynastie Omeyyade, qui gouverna le monde musulman de 661 à 750, avait établi sa capitale à Damas.
Mais les Omeyyades furent détrônés en 750 par les Abbsasides, qui fondèrent leur propre dynastie et s'installèrent à Baghdad.
Presque tous les membres de la famille Omeyyade furent massacrés par les partisans d'Abou al-Abbas, mais le prince Abd al-Rahman réussit à se cacher, puis à s'enfuir. Il gagna l'Espagne et  et y établit une nouvelle dynastie Omeyyade, à Cordoue. Il fut d'ailleurs à l'origine de la construction de la Grande Mosquée de Cordoue, qui fera l'objet d'un prochain article.


La Grande Mosquée des Omeyyades de Damas se situe sur l'emplacement de l'ancienne église Saint Jean-Baptiste (4ème s.), qui elle-même avait été construite sur un ancien temple romain dédié à Jupiter, le père des dieux romains. On peut donc dire qu'elle a été bâtie sur l'endroit considéré comme le plus saint de la ville par ses habitants.


Depuis l'entrée de la mosquée, on peut apercevoir l'immense Cour centrale, meusrant plus de 6.000 m2.

Le sol de cette cour rectangulaire est revêtu d'un marbre précieux et ancien, il est interdit d'y marcher avec des chaussures. Il est lavé chaque jour et resplendit tel un miroir.

Les façades extérieures sont célèbres pour leurs mosaïques de verre à fond d'or représentant le Paradis. Elles recouvraient autrefois l'ensemble du bâtiment. Cependant, en raison des dommages causés par un incendie en 1893, ces mosaïques sont pour la plupart des reconstitutions.

L'immense salle de prière peut accueillir des milliers de croyants. Des colones qui se trouvaient à l'origine sur le temple romain ont été réutilisées pour soutenir le toit de la salle.

Le Minrab (une niche dans le mur) indique la direction de La Mecque, vers laquelle se tourne les musulmans pour prier. A droite, on distingue de Minbar, la chaire utiliser par l'imam pour faire le sermon.

Dans la partie est de la salle, se trouve le mausolée de Saint Jean-Baptiste, considéré comme un prophète par les musulmans et honnoré en tant que tel.


Le tombeau du guerrier Saladin se trouve à l'extérieur de la Mosquée. Ce célèbre chevalier est respecté dans tout le monde arabe pour avoir mis en échec la troisième croisade, menée par l'anglais Richard 1er, d'une façon très élégante. En effet, il lui proposa l'aide de son médecin quand ce dernier se blessa et il lui offrit un magnifique cheval, lorsqu'il perdu le sien.

De nuit, la Grande Mosquée respendit de 1000 feux tel un bijou au coeur de la vielle ville.
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Jeudi 12 mars 2009 4 12 /03 /Mars /2009 16:01

Depuis que la crise économique a envahi l'économie mondiale, les spécialistes se penchent sur des systèmes alternatifs au capitalisme et au libéralisme démesurés. Et c'est tout naturellement qu'ils se tournent vers la finance islamique.

Si ce modèle financier, qui puise ses sources dans le Coran et dans la Sounnah (la tradition prophétique) est ancien (7ème siècle après JC), il a pourtant su s'adapter au monde actuel dès les années 1970 et connaît un grand dynamisme dans les Pays du Golfe et en Grande-Bretagne. La France a récemment réalisé son retard en la matière et la finance islamique est en train de devenir très à la mode. Des formations spécialisées ont été créées et les banques commencent à réfléchir à la façon dont elles vont pouvoir introduire des produits bancaires islamiques à côté des produits classiques.


Sur quels principes reposent la finance islamique ?

- La finance islamique se fonde principalement sur l'interdiction du riba, terme signifiant à la fois usure et intérêt. L'argent ne doit par produire de l'argent, seul le travail doit avoir de la valeur et permettre l'enrichissement.

- Le second principe est l'interdiction de la spéculation (ou gharâr) .

- Le troisième principe interdit de tirer des bénéfices d’activités illicites en Islam : les jeux de hasard, la vente ou consommation d’alcool, de tabac, la production ou la vente d'armes, la débauche...

- Un autre principe impose la responsabilité sociale de l'investissement et le partage du risque : il faut que les bénéfices soient équitablement partagés entre tous ceux qui y contribuent, ainsi que les pertes, le cas échéant.

- Enfin, il faut que toute transaction repose sur un actif financier clairement identifiable et réel


Pour les curieux, je vous propose un reportage réalisé sur ce sujet, pour le JT de Arte du 20 février dernier.




Et un autre réalisé par la chaîne d'information France 24 ici.

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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 10:14

L'huile d'argan est extrait de l'Arganier, un arbre qui pousse à l'état sauvage dans le sud-ouest marocain, mahleureusement en voie de disparition, alors qu'il consistitue une barrière essentielle contre l'avancée du desert et la nourriture princpale des chèvres de la région. De ses fruits sont extraits cette huile aux merve illeuses vertus.

 

Très riche en acides gras essentiels, oméga 6 et en vitamine E, l'huile d'argan est réputée pour ses propriétés hydratantes, revitalisantes et anti-rides.

L'huile cosmetique est ainsi idéale pour lutter contre le desséchement de la peau. Elle adoucit l'épiderme et prévient le veillissement cutané dû aux conditions climatiques extrêmes (soleil, vent, froid...). Elle est également parfaite pour régénérer et nourrir les cheveux secs et dévitalisés ainsi que pour fortifier les ongles.

L'huile culinaire est également utilisée pour parfumer un plat ou une salade, grâce son léger gout de noisette grillée. La recette la plus simple des marocains : ils trempent des morceaux de pain directement dans l'huile, au petit déjeuner. 

Une consommation régluière permet de réduire le taux de chostérol, de stimuler les cellules cérébrales et le fonctionnement du foie et de réduire l'hypertension.

Comment est-elle fabriquée ? Entre juin et août, les paysans marocains récoltent les fruits mûrs et tombés à terre. Ces fruits sont mis à sécher
plusieurs semaines au soleil, puis les femmes se chargent, entre deux pierres, d'enlever la pulpe de fruit et de casser la noix contenue à l'intérieur pour en extraire de précieux amandons oléagineux.

Ces amandons sont mis à chauffer quelques minutes dans des plats de terre cuite. A la suite de cette légère torréfaction, ils sont ensuite broyés à la meule de pierre. On obtient à cet instant une pâte qui va elle aussi nécessiter un long travail manuel. Les femmes triturent pendant plusieurs heures d'affilée cette pâte dans de grands plats creux. A deux ou trois instants précis, elles y ajoutent de petites quantités d'eau tiède. Ce n'est qu'au bout de ce long travail de malaxage qu'elles finissent par rendre ce mélange totalement sec pour en extraire jusqu'à la dernière goutte, l'huile d'argan.

L'extraction d'un seul litre de l'huile d'argan nécessite 100 kg de fruits frais et 12 heures de travail. Ce long processus de fabrication entraîne un prix assez élevé, entre 50 et 100 euros le litre. Ce n'est pas à le portée de tout le monde mais cela permet de contribuer au maintien d'une agriculture biologique au Maroc, et au travail des femmes.



Publié dans : Art de Vivre à l'Orientale
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 00:00

En septembre dernier était inaugurée à Lyon, une place au nom d'Abd el Kader, personnalité algérienne du 19ème siècle. La ville de Paris avait déjà eu cette initiative en 2006. C'est une manière privilégiée pour la France d'honorer la mémoire de ce grand homme : à la fois responsable politique, chef militaire, philosophe et théologien...

 Abd el Kader naquit en 1808, au nord ouest de l’Alégrie. Son père était le chef d’une éminente tariqa soufie et était très respecté par tous les habitants de la région.

Une éducation stricte et de nombreux voyages permirent à Abd el Kader de s’initier à la fois à la politique et aux techniques militaires.

Les français débutèrent leur conquête de l’Algérie. En 1830, ils prirent Alger et un important mouvement de résistance se construisit autour d’Abd el Kader et de sa famille. En 1832, il fut nommé Sultan de l’ouest algérien.


Après une lutte acharnée, Abd el Kader finit par se rendre aux français, en 1847. Néanmoins, il avait les grandement impressionné par sa bravoure, son humilité (il affirmait qu’il n’était pas guidé par une ambition personnelle mais il se soumettait simplement à la volonté de Dieu) et la façon dont il traitait les prisonniers. Il veillait à ce qu’ils ne manquent de rien et interdisait à ses hommes d’essayer de les convertir. Au contraire, il leur demandait de les respecter, ce qui implique également le respect de leurs croyances.  

Lors de sa rémission, les généraux français étaient prêts à lui offrir sa liberté mais l’opinion publique ne l’entendait pas ainsi. De plus, Abd el Kader avait émit le vœu de s’exiler de l’Algérie qu’il n’avait pas su protéger. Il fut alors conduit en France avec l’ensemble de sa famille, de ses proches et de son personnel (97 personnes). On mit à sa disposition le château de Pau, puis celui d’Amboise. 

Beaucoup de personnes vinrent lui rendre visite. Très vite, l'image du chef de guerre exotique cèda le pas à celle d'un hôte honoré et respecté qui se plaisait à échanger avec les chrétiens sur leur vision de la religion et sur la culture française. Les français le retiendront pourtant en résidence forcée durant cinq années.

C’est finalement Napoléon III qui, en 1852, lui annoncera qu’il est désormais libre. Il quittera alors la France pour Bursa (en Turquie) puis s’installera définitivement à Damas.

En Syrie, il joue un rôle politique, social et religieux important. Il enseigne la théologie à la grande Mosquée des Omeyades, est élu au Conseil municipal de Damas… Mais il continue de mener une vie ascétique.

En 1860, les druzes du Liban massacrent des chrétiens. Abd el Kader avertit alors les français et les ottomans contre les risques de propagation.

En effet, à Damas, la tension monte entre musulmans et chrétiens. Abd el Kader propose de punir les musulmans qui s’en prennent aux chrétiens car cette violence va à l’encontre des préceptes islamiques. Mais la violence s’en trouve accrue. Il prend alors le partie de protéger les chrétiens de la ville en les accueillant chez lui ou dans la citadelle qu’il fait garder. En dépit des 8.000 morts chrétiens, on estime qu’Abd el Kader sauva la vie à 11.000 d’entre eux.

Il recevra la légion d’honneur de la part de la France et les félicitions du Pape.

Pour Abd el Kader, tous les hommes quelle que soit leur religion appartiennent à la famille de Dieu et il faut les protéger. Il reconnaissait que « Nul en L’adore sous tous ses aspects et nul ne L’ignore sous tous ses aspects ». Il a œuvré pour qu’Orient et Occident se comprennent mieux et se respectent. Il a laissé un ouvrage d'une profondeur rare sur son propre cheminement intérieur : le livre des Haltes.

Il consacra le reste de sa vie à des œuvres de bienfaisances, à l'étude des textes scientifiques et sacrés et à la méditation, jusqu'à sa mort. Il respecta toujours la parole qu'il avait donné de ne pas revenir en Algérie.

Les algériens continuent pourtant de le respecter et le considèrent même comme le père de la Nation, le héros qui ne s'est rendu que pour préserver le peuple d'un combat inégal et perdu d'avance.

 

Léon Roche, son secrétaire particulier dressa de lui ce portrait :

« Je crus rêver quand je vis fixés sur moi ses beaux yeux bleus, bordés de longs cils noirs, brillant de cette humidité qui donne en même temps au regard tant d'éclat et de douceur […].

Un mélange d’énergie guerrière et d’ascétisme répand sur sa physionomie un charme indéfinissable... Sa physionomie est on ne peut plus mobile, et malgré l’empire qu’il exerce sur lui-même, elle reflète les sensations qui agitent son esprit ou son coeur. Quand il prie, c’est un ascète. Quand il commande, c’est un souverain, quand il parle guerre, ses traits s’illuminent ; c’est un soldat. »

 

Publié dans : Une vie hors du commun
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 08:05
 

Le Salep (en turc) ou Salhab (en arabe) est une boisson chaude très prisée des orientaux, en particulier l’hiver, pour ses vertus revigorantes, voire même, selon certains, aphrodisiaques.

Elle est élaborée à partir de bulbes d’orchidées sauvages séchés et réduits en poudre. La forme de ces bulbes a inspiré son nom original خصّى الثعلب qui signifie “testicule de renard”.

Avant que le café et le thé ne prennent une place privilégiée dans les foyers anglais et allemands, c’était le salep qui était à l’honneur, jusqu’au 18ème siècle. 

Pour obtenir cette délicieuse boisson, il faut dépouiller les bulbes de leur enveloppe, les jeter dans l'eau froide, et les en retirer au bout de quelques heures pour les faire cuire. Ensuite, il faut les enfiler sur une cordelette et les faire sécher au soleil tout l’été. Dès que l’hiver arrive, on les réduit en poudre au pilon.

Enfin, on mélange la poudre de salep avec du lait, du miel ou du sucre et une pincée de gingembre en poudre. On verse le lait et on fait mousser tout le breuvage à très basse pression pour le réchauffer, l'épaissir et le mélanger à la fois. On saupoudre le tout d'un brin de cannelle pour le goût et la couleur.

La popularité du salep en Turquie a entrainé la destruction de milliers d’orchidées sauvages. Aujourd’hui, un grand nombre de sachets « prêts à mélanger » que l'on trouve dans le commerce sont élaborés à partir de parfums artificiels et coupés avec de la fécule. 

Publié dans : Art de Vivre à l'Orientale
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 17:23

Existant depuis l'Antiquité, le Savon d'Alep s'est répandu, grâce aux Croisés, à travers tout le bassin méditerranéen. Le savon de Marseille est d'ailleurs l'héritier direct du Savon d'Alep.


Il est fabriqué exclusivement à partir d'ingrédients naturels. L'huile d'olive et l'huile de baies de laurier en sont les principaux ingrédients. Elles ajoutent des vertus hydratantes et apaisantes à ce savon « surgras ». Il peut s'utiliser sur toutes les parties du corps. Il peut également servir de détachant, sur les tissus, ou d'anti-mites, dans les placards.

Le savon d'Alep est fabriqué selon un procédé artisanal qui demeure à l'identique depuis sa création. Cette tradition séculaire continue de se perpétuer, de père en fils, chez les maîtres savonniers d'Alep.

Chaque année, en novembre, quand les huiles d'olives viennent d'être extraites, le même rituel se répète dans le vieux souk d'Alep. L'huile d'olive est cuite, avec l'eau et la soude, très lentement, dans un grand chaudron en pierre. En fin de cuisson, quand la pâte est prête, il est ajouté l'huile de baies de laurier afin de l'enrichir et de la parfumer. Au terme de la cuisson la pâte est étalée et découpée manuellement.

Les savons, de couleur verte, sont échafaudés en tours pour une très longue période de maturation au grand air. Le savon durcit durant 9 mois. La durée du séchage est garante de sa qualité. En durcissant, il prend une couleur brune, seul le cœur reste vert.

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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 08:41
J'ai découvert tout récemment les performances de la chanteuse syrienne, Lina Chamamian. D'origine arménienne, sa voix m'a fait immédiatement penser à l'incontournable Fayrouz (icône libanaise de la chanson arabe traditionnelle).

Cette jeune artiste d'une vingtaine d'années se positionne sur le créneau du jazz oriental. Je trouve personnellement que sa musique est plus orientale (au sens du chant traditionnel oriental) que "jazz".

Je vous propose de découvrir deux morceaux, notamment le premier qui s'intitule "Cham" (c'est-à-dire Damas, la ville de naissance de la chanteuse).




Publié dans : Arts d'Orient
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 17:02


L'histoire du hamman, appelé aussi « bain maure » ou « bain turc », est ancienne puisqu'elle remonte à l'époque gréco-romaine, notamment lorsque l'Empire Romain s'étendait jusqu'à l'Orient. En effet, l'architecture des bains grecs et des balnea romains inspirèrent l'architecture et le concept de ces bains de vapeur.

Cependant, ils ne devinrent l'un des éléments essentiels de la ville arabo-musulmane qu'après l'avènement de l'Islam, au 7ème siècle. Les préceptes islamiques recommandent, en effet, une hygiène minutieuse. De plus, la pratique des ablutions rituelles, effectuées avant les cinq prières quotidiennes est grandement facilitée par la présence d'un hammam à proximité de la mosquée. La pratique du hammam a donc suivi l'expansion de l'Islam, comme en témoignent les nombreux hammams toujours présents en Iran, en Turquie, et à travers l'Afrique du Nord, depuis l'Égypte jusqu'au Maroc.

Ces bains remplissent encore cette fonction de « salle de bain » dans les lieux les plus populaires, où les gens ne disposent pas forcément de l'eau courante ou d'une douche.


Un hammam se compose généralement de trois pièces, plus ou moins chaudes. La tradition, qui permet de se laver en profondeur, exige de rester un moment dans la pièce la plus chaude, afin d'ouvrir les pores de la peau, de transpirer et d'évacuer les toxines. Ensuite, on se lave dans la pièce à chaleur intermédiaire. Pour cela, il faut se savonner, soit au savon d'Alep, au Proche-Orient, soit au savon noir, au Maghreb, et se frotter la peau énergiquement avec un gant spécial appelé « kessa », qui permet d'éliminer les peaux mortes. On peut être soutenu dans ce gommage par un(e) employé(e) du hammam afin qu'il soit bien efficace. On obtient ainsi une peau douce, débarrassée de ses impuretés.


Le hammam remplit une autre fonction, qui tend toutefois à disparaître : celle d'un lieu de rencontre et de sociabilité. Ce sont dans ses murs que tous les habitants d'une même ville pouvaient se retrouver : riches et pauvres, jeunes et vieux...

Les jeunes filles en profitaient pour faire admirer leurs serviettes brodées tandis que les femmes plus âgées choisissaient des épouses potentielles pour leurs fils. Il existait d'ailleurs un ensemble de codes pour connaître la situation familiale d'une femme (célibataire, mariée, veuve ou divorcée) selon la couleur des serviettes qu'elles utilisaient. Les hommes, quant à eux, évoquaient leurs affaires privées ou politiques. Aujourd'hui encore, les hommes et les femmes se baignent séparément, sauf dans les lieux les plus touristiques et modernes.


Le hammam possède un dernier atout, essentiel de nos jours. C'est en effet un lieu majeur de détente pour les citadins, qui y passent après le travail pour se ressourcer et prendre soin d'eux, loin de l'agitation urbaine. Dans les hammams, on peut en effet se laver, bavarder, se reposer mais on peut également se faire masser, se faire raser pour les hommes ou épiler pour les femmes, boire un thé, lire la presse... C'est généralement la pièce la moins chaude qui permet de se reposer avant de reprendre ses occupations quotidiennes.


Publié dans : Art de Vivre à l'Orientale
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /Fév /2009 12:43
La Beit al Hikam, ou Maison de la Sagesse, fut fondée à Baghdad par le calife abasside Al-Maamoun, qui régna sur l'Empire musulman de 813 à 833. Elle fût le support de sa grande ambition intellectuelle.

Le calife Al-Maamoun était partisan de la pensée moutazilite, aujourd'hui disparue, qui s'inspire de la logique et de la rationalité grecque et cherche à la rendre compatible avec les doctrines islamiques.

Il décida  d'ouvrir la bibliothèque personnelle de son père, le calife Haroun al-Rachid, aux astronomes, mathématiciens, philosophes, lettrés, traducteurs... C'était un lieu d'études, de rencontres pour les savants de toute origine et de toute confession. Le calife souhaitait d'ailleurs attirer auprès de lui des savants byzantins, grâce à un soutien financier important.

Le calife encouragea particulièrement les traductions des livres grecs vers l'arabe (Platon, Aristote, Hippocrate, Galien, Euclide, Ptolémée). La société musulmane redécouvra alors cet héritage et se l'appropria.

Le calife encouragea également l'observation minutieuse de la nature et du ciel et fit construire un impressionnant observatoire astronomique permanent, qui permit à ses astronomes de surveiller méthodiquement le mouvement des planètes. Les astronomes s'attelèrent notamment à vérifier les enseignements de Ptolémée, en démontrèrent les failles et s'approchèrent de la vérité scientifique.

La Maison de la Sagesse devint un lieu privilégié de connaissance réciproque entre les héritiers de la culture gréco-romaine et le monde arabe et iranien. D'autres furent plus tard ouvertes à Cordoue et au Caire, avant d'être définitivement remplacées par les madrassa (écoles où seules sont enseignées les sciences religieuses).
Publié dans : L'Histoire aux parfums d'Orient
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 16:13
Né à Paris en 1953, Julien Weiss se forme à la guitare classique. Au début des années 70, comme beaucoup d’adolescents, il remet en question les valeurs de la culture occidentale et se laisse happer par la fièvre de la route. Ses voyages le mènent en Californie, au Maroc, puis aux Antilles...
En 1976 à Paris, lors d’une soirée chez le futur ministre de la culture égyptienne, Farouk Hosni, l’écoute d’un disque du musicien irakien, Mounir Bachir, grand maître du Oud, le bouleverse au point qu’il abandonne la guitare classique pour se lancer corps et âmes dans l’étude des lois raffinées régissant la musique orientale.
"Son jeu sophistiqué, la couleur de son attaque de la corde, le timbre incomparable du Oud, le raffinement, la précision et la beauté des intonations, le côté méditatif des longs silences, tout cela m’a immédiatement attiré. Mais il jouait du luth et j’ai choisi d’emblée le qânoun (source)".  Le qanûn est une cithare trapézoïdale à cordes pincées munie de résonateurs en peaux de poissons (photo ci-contre).

Dès lors, il parcourt l’Orient et, de Tunis à Beyrouth, de Bagdad au Caire, d’Istanbul à Damas, il suit l’enseignement de grands maîtres. C’est ainsi qu’il devient le disciple, puis l’ami, de Mounir Bachir.
Par son acharnement, Julien Weiss devient un virtuose du qânun . C’est aussi un expert de la musique arabe classique. Il étudie en profondeur les traités musicaux des Grecs antiques comme ceux d’Aristoxène de Tarante et des Arabo-Persans comme Al-Kindî, Avicenne, ainsi que les théoriciens turcs, byzantins et même occidentaux, puis se livre à une étude comparative avec la pratique empirique des musiciens et chanteurs de l’Orient moderne.

En 1983, il fonde l’ensemble instrumental Al-Kindî, dont le nom fait référence au philosophe, mathématicien et astronome irakien du IXe siècle, Abu Yusuf Al-Kindî, père de la théorie scientifique de la musique arabo-musulmane.
Avec son groupe, il va explorer  la liturgie soufie de différentes confréries orientales et collaborer avec des grands chanteurs arabes.

Poussant toujours plus loin son immersion dans la culture orientale, Julien Weiss fait l’acquisition, en 1995, d'un palais Mamelouk du 14ème siècle, niché au cœur de la vieille ville syrienne d’Alep, à proximité de ses souks millénaires et de leurs senteurs orientales. Dans ce lieu magique et stimulant, quand les prestigieuses tournées internationales et les enregistrements discographiques lui en laissent le temps, il travaille à la préparation de nouveaux répertoires, à la découverte de voix et de traditions méconnues, à l’observation des nombreuses confréries mystiques qui l’environnent et se passionne pour l’art architectural et décoratif islamique. Depuis 2005, il s'est installé à Istanbul.

Source : http://www.alkindi.org/francais/artistes/artistes_julien.htm



Dans cette vidéo, on le voit jouer du qânun, assis, avec une toque noire.

Publié dans : Arts d'Orient
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 16:46
"Kaboul est devenue l'antichambre de l'au-delà. Une antichambre obscure où les repères sont falsifiés, un calvaire pudibond; une insoutenable latence observée dans la plus stricte intimité."

Yasima Khadra nous livre un roman très noir sur la situation qui règne à Kaboul depuis que le régime des talibans s'est installé sur ses ruines. Un roman qui s'intéresse notamment à la dramatique situation des femmes afghanes (les "hirondelles").


Deux hommes, en pleine remise en question sur le sens de leur vie dans ce macabre contexte, sont au cœur de l’intrigue : Atiq, geôlier d’une prison pour femmes et dont l’épouse est gravement malade et Mohsen Ramat, jeune homme marié à Zunaira, une ancienne avocate féministe d'une grande beauté.
Le manque cruel de liberté, un destin sans issu, finiront par leur faire perdre, à tous, la raison.

Les destins des deux hommes se croiseront régulièrement dans Kaboul jusqu’à se heurter finalement de façon dramatique.

L'auteur, de son vrai nom,
Mohammed Moulessehoul, est un ancien militaire algérien exilé en France. Lui-même a vécu et participé au régime des intégristes algériens. Il  maîtrise donc parfaitement ce sujet sensible.
Publié dans : Littérature orientale
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 15:14
Je vous propose aujourd'hui de découvrir un documentaire sur l'Âge d'Or de la civilisation musulmane.

Du 9ème au 12ème siècle, le monde arabo-musulman connaît un rayonnement sans égal. Il s'étend de l'Espagne à l'Inde, avec pour capitales : Baghdad, Cordoue, Grenade, Fès, Le Caire, Damas... De la philosophie à la médecine et à la botanique, des mathématiques à l'astronomie, son essor scientifique et culturel fascine, autant qu'il inquiète, l'Occident médiéval.

Ce documentaire, écrit par Mahmoud Hussein, nous invite à une passionnante traversée de la civilisation musulmane parvenue à son zénith et dont l’éclat allait permettre à l’Europe de frayer les voies de sa renaissance.

Chapitres :
- "Les arabes entrent en scène"
- "Il était une fois Bagdad"
- "L'épopée Andalouse"
- "Le ciel à livre ouvert"
- "Les secrets du corps humain"
- "Les ulémas et les philosophes"
- "De l'arabe au latin"
- "Oublier l'arabe"

Vous pouvez regarder cet extrait :



Vous pouvez aussi télécharger l'ensemble du docummentaire ici :
Première partie
Deuxième partie
Durée totale : 3h30.

Publié dans : L'Histoire aux parfums d'Orient
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 10:45
Nasreddine Hodja est un personnage mythique du folklore traditionnel oriental. Chaque peuple se l'est approprié et affirme qu'il a vécu parmi eux : dans les Balkans, dans les pays du Caucase, au Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, en Iran ou au Pakistan. On lui donne le titre de Hodja, qui signifie "maître".
Nasreddine n'est pas un idiot mais  il possède un esprit farfelu qui pousse la logique dans ses derniers retranchements, jusqu'à l'absurde.
On dit de lui qu’il est « tellement intelligent qu’il devient bête, ou il est si bête qu’il finit par dire des choses intelligentes » .
Il est apprécié du peuple car il prend toujours sa défense, révolté par l'injustice sociale, et joue toutes sortes de mauvais tours aux seigneurs et aux riches.
Ses aventures prennent la forme de récits très courts, toujours amusants, qui cachent le plus souvent sous leur apparente naïveté un grand fond de sagesse. Ils ne sont pas exempts de cruauté parfois,
de cynisme et de lucidité toujours.

Quelques exemples d'histoires : 

Un jour ses amis ont demandé à Nasreddine Hodja :
- Tu es un homme sage, Nasreddine Effendi. Peux-tu nous dire ce que tu considères comme le plus précieux au monde ?
- Je considère le conseil, comme étant sans prix,
dit
Nasreddine Hodja.
Ses amis lui ont ensuite demandé :
- Et que considères-tu pour être sans valeur ?
- Je dirai que le conseil est la chose qui a le moins de valeur au monde.
- Eh bien, Nasreddine Effendi ! Objecta son auditoire. Comment une chose peut-elle être à la fois sans valeur et la plus précieuse ? Tu dois faire une erreur !
- Non, mes amis. Je sais de quoi je parle. Un conseil pris peut être précieux, mais il devient sans valeur quand il n'est pas le bienvenu !


Un jour, Nasreddine Hodja décida de voyager pour parfaire son savoir. Quand un jeune homme lui demanda quels gens il allait chercher à rencontrer, il dit, se rappelant quelques sages paroles entendues au marché :
- Celui qui ne sait pas et ne sait pas qu'il ne sait pas, il est stupide. Il faut l'éviter.
- Celui qui ne sait pas et sait qu'il ne sait pas, c'est un enfant. Il faut lui apprendre.
- Celui qui sait et ne sait pas qu'il sait, il est endormi. Il faut le réveiller.
- Celui qui sait et sait qu'il sait, c'est un sage. Il faut le suivre.

Nasreddine Hodja a fait une pause et a continué :
- Mais, vous savez combien il est difficile, mon fils, d'être certain que celui qui sait et sait qu'il sait, sait vraiment.

Nasreddine Hodja est allé au marché pour y vendre des ânes. Les prix qu'il proposait étaient si peu élevés qu'aucun des autres marchands d'ânes ne pouvait le concurrencer.
Un jour, l'un d'eux vint le voir :
Nasreddine Hodja, comment fais-tu pour proposer des prix imbattables, pour des ânes magnifiques et bien entretenu
s ? Moi, je vole le fourrage, je paie mal mes garçons d'écurie et pourtant je n'arrive pas à vendre moins cher que toi ! Quel est ton secret ?
- Mon secret, lui confia
Nasreddine Hodja, je vais te le dire, tout à fait entre nous : les ânes, je les vole.

Nasreddine Hodja fit l'acquisition d'un étal de marchand ambulant et se mit à parcourir les rues du village, en criant :
- Qui veut mes belles tomates rouges ! Qui veut mes belles salades ! Qui veut mon persil frais !
Le premier client qui se présente découvre que, dans le panier de
Nasreddine Hodja, il n'y avait aucun légume mais de la viande de chèvre, uniquement de la viande.
- Que se passe t-il,
Nasreddine Hodja ? Tu ne vendras rien si tu ne dis pas réellement ce que tu vends.
- Je sais ! Je sais ! Rétorqua Nasreddine Hodja. Mais si je crie "qui veut ma belle viande de chèvre", j'aurai tous les chats et tous les chiens errants du village à mes trousses.

Un jour, un ami de Nasredine Hodja essaya de le persuader que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt. Et pour le convaincre, il lui raconta comment, le matin même, il avait trouvé une pièce d'or sur la route.
- Tu vois, lui dit-il, si je n'avais pas été celui qui s'était levé le plus tôt, c'est quelqu'un d'autre qui aurait profité de l'aubaine !
- Mais enfin, répondit Nasreddine, ne comprends-tu pas que cette pièce a été perdue par quelqu'un qui s'est levé encore plus tôt que toi ?


Vous trouverez plein d'autres histoires sur ce site.
Publié dans : Littérature orientale
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